Les migrations internationales à l'épreuve de la mort: qu'y a-t-il au delà des chiffres et du comptage

Les migrations internationales à l'épreuve de la mort: qu'y a-t-il au delà des chiffres et du comptage

Séminaire « enjeux actuels des migrations »
Organisé par l’Axe AMiMo de l'IFEA en collaboration avec l’Association pour les recherches sur les migrations (GAR).
Prof. Dr. Jean-François Pérouse
(université Toulouse-Jean Jaurès) :

Cette intervention quelque peu expérimentale résulte de réflexions anciennes réactivées par des terrains récents sur les côtes de la mer Égée. Les décès de migrants sont généralement présentés comme une preuve numérique des dangers que recèle le processus de migration internationale. Dans la plupart des cas, ces décès sont vus comme des accidents, des ruptures de flux;  et ils sont traités comme des événements  déplorables, choquant pour la conscience, abandonnés par la recherche aux défenseurs des droits de l'homme, aux journalistes ou aux garants de la sécurité publique. 
Au-delà de la dimension numérique et des funèbres statistiques, ces morts ne retiennent pas beaucoup l'attention des chercheurs. Face à ce silence dérangeant, j'ai entamé un travail de recherche sur « le carré des réfugiés décédés»  aménagé récemment à l'intérieur du cimetière Doğançay à Izmir.
J'en suis donc parvenu à l'idée que la mort des migrants internationaux n'est pas seulement un événement déplorable (ponctuel) qui  révolte notre conscience, mais que c"est aussi un fait social complexe, révélateur,  qui doit être abordé dans toute son épaisseur par les chercheurs sur les migrations. A cette fin, le "programme" proposé se compose de trois axes principaux:

  1. personnaliser ou humaniser la mort en évitant le comptage anonyme
  2. restituer la dimension spatiale de la mort  et s'efforcer de mieux la contextualiser
  3. historiciser, socialiser et la politiser la mort

 

BIOGRAPHIE

JEAN-FRANÇOIS PÉROUSE a soutenu sa thèse “D’Angora à Ankara: La naissance d’une capitale” en géographie urbaine en 1994. Il réside et travail à Istanbul depuis septembre 1999 (université de Marmara, Institut Français d’études Anatoliennes-IFEA, université de Galatasaray, GSMSÜ…). A l’IFEA, il a mené de longues recherches au sein de l’Observatoire Urbain d'Istanbul. Il fait actuellement partie du comité de rédaction de la revue EJTS (European Journal of Turkish Studies, www.ejts.org). Il est notamment l’auteur de Villes du Tiers Monde (Hâtier, 1993), La Turquie en Marche (La Martinière, 2004), Villes et Risques (Economica / Anthropos, 2006) et Essais de confrontation avec Istanbul. Périphéries, mobilités et mémoires urbaines (Iletisim, 2011; 2014 ; 2016: 3e édition)

Intervention en turc

 

Détails

Date de l'événement 27/02/2020 6:00 pm
Date de fin 27/02/2020 8:00 pm
Places Illimitée
Lieu Salle Cezayir

Conférencier.e.s

Jean François Pérouse

université Toulouse-Jean Jaurès

Partenaire.s

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Conférences en ligne

Installé dans les locaux du drogmanat du Palais de France (ancienne Ambassade de France auprès de la Sublime Porte), l'Institut français d'études anatoliennes "Georges Dumézil" a succédé en 1975 à l'institut français d'archéologie d'Istanbul fondé en 1930. À l'origine orienté vers l'histoire ancienne et l'archéologie, il a ensuite étendu ses activités à la turcologie (linguistique et histoire ottomane en particulier). Il a commencé à s'ouvrir au contemporain à la fin des années 1980, notamment avec la mise en place d'un Observatoire Urbain d'Istanbul (OUI). En 1994, l'IFEA a créé un Centre d'études caucasiennes. En 2003, ce centre s'est délocalisé à Bakou où l'IFEA possède désormais une antenne, installée au sein de l'Ambassade de France en Azerbaïdjan. En 2005 a été mis sur pied un Observatoire de la vie politique turque (OVIPOT). L'IFEA fait partie du réseau des vingt-sept instituts de recherche en sciences humaines et sociales dépendant de la Sous-Direction de la coopération scientifique, universitaire et de la recherche du Ministère des Affaires étrangères. Les études y concernent un vaste territoire, qui s'étend des confins orientaux de l'Europe aux abords de l'Asie centrale. Elles s'inscrivent dans une chronologie longue, allant de la préhistoire aux grands Empires, et de la naissance des États-nations aux redéfinitions identitaires d'aujourd'hui.C'est dire que l'IFEA offre un profil très diversifié, propice aux échanges entre disciplines : les sciences humaines et sociales (anthropologie, démographie, géographie, histoire, sociologie, science politique et économique, voire musicologie) y voisinent avec les techniques de l'archéologie et du classement et de l'analyse des textes écrits. Établissement à compétence régionale, l'Institut développe des programmes couvrant le Caucase et les Balkans.L'IFEA est présent sur le portail Persée pour ses publications archéologiques : http://www.persee.fr/collection/anatvet diffuse ses collections contemporaines sur Open Edition : http://books.openedition.org/ifeagd/ Institut Français d'Études Anatoliennes Georges Dumézil