13
Fév
2020

Présentation d'ouvrage: Muestros Dezaparesidos : Mémorial des Judéo-Espagnols déportés de France

13/02/2020 6:00 pm -8:00 pm
Présentation d'ouvrage: Muestros Dezaparesidos : Mémorial des Judéo-Espagnols déportés de France

Corry Guttstadt

Au début de l’occupation allemande, il y avait environ 35 000 Judéo-Espagnols en France. Ils avaient émigré des territoires issus de l’ancien Empire ottoman, des Etats des Balkans, du Levant et des régions de l’Empire austro-hongrois. La majeure partie venait de la Turquie où le nombre de juifs était de 78 000 en 1935, la question de la vie de cette communauté en France s'est présentée comme un chapitre important de l’historie des juifs ottomans/turcs. Par le maintien de leur langue, le judéo-espagnol ou judezmo, comme par le maintien de traditions et d’une histoire commune, ils relevaient d’une culture à part entière. Établis sur tout le territoire français, ils ont constitué des communautés dynamiques et connurent un essor culturel et associatif tout en participant activement à la vie publique française.

Durant la Shoah, plus de 5 300 Judéo-Espagnols en France ont été arrêtés par les Allemands et la police de Vichy, déportés et exterminés. Le Mémorial, résultat d’un travail collectif mené par le comité éditorial appuyé par un groupe de bénévoles, de chercheurs et d’historiens, permet de reconstituer la liste des 5 300 Judéo-Espagnols déportés de France, ainsi que celle des fusillés, et des morts dans les camps français. Il contient aussi la biographie et le parcours de plus de 80 déportés, complétés par des témoignages en français et en judezmo. Mais cet ouvrage est plus qu’un livre mémoriel. La partie historique retrace l’histoire spécifique de ce groupe. Il examine leur situation dans les derniers temps de l’Empire ottoman et dans les États successeurs et il décrit ensuite leur établissement en France, la diversité des conditions dans leur nouvelle contrée d’adoption et leurs espoirs envers la France, puis la politique d’exclusion et de persécution du régime nazi et du régime de Vichy pendant l’occupation allemande. Ces chapitres apportent un regard nouveau sur les différentes situations vécues. En effet, nombre de Judéo-Espagnols étaient considérés par les Allemands comme ressortissants de pays neutres ou alliés, ce qui était important pour leur sort. Le livre examine aussi les cas particuliers comme le sort tragique des juifs grecs. De plus, cet ouvrage expose la situation des rescapés après leur libération et les effets des déportations sur l’ensemble des familles et de la communauté. Il comprend aussi un chapitre novateur sur la participation et le rôle des Judéo-Espagnols dans la Résistance face à l’occupant et à Vichy.

Intervention en français

17
Fév
2020

Présentation d'ouvrage: Le canal de Suez et l’Empire ottoman

17/02/2020 6:00 pm -8:00 pm
Présentation d'ouvrage: Le canal de Suez et l’Empire ottoman

Prof. Dr. Faruk Bilici [Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), Paris]

17 novembre 1869 : le canal de Suez est inauguré en grandes pompes, en présence de l’impératrice Eugénie. Mais la construction du canal, débutée en 1859, ne s’est pas faite sans heurts. Ferdinand de Lesseps et la France ont en effet bataillé durant de longues décennies avant de convaincre l’Empire ottoman, dont l’Égypte n’était qu’une province, de son bien-fondé.Accusée d’être un instrument de colonisation de l’Égypte au profit de la France, la Compagnie universelle du canal de Suez, « État dans l’État », est très critiquée par l’Empire ottoman. Celui-ci craint qu’un canal maritime séparant matériellement l’Égypte du reste de l’Empire rende illusoire la souveraineté du sultan sur ce territoire, et ouvre la porte à une domination occidentale inacceptable. Cet ouvrage ne propose pas une énième histoire du canal de Suez ni sur le plan technique, ni sur le plan diplomatique, mais il entend combler une lacune considérable : l’étude de cette histoire du point de vue ottoman, des projets à l’exploitation en passant par la construction du canal. Procès, arbitrages, polémiques : bien avant la « crise de Suez » de 1956 liée à sa nationalisation, le canal était déjà au coeur d’un jeu de puissances entre Orient et Occident.

Historien, spécialiste de l’Empire ottoman et de la Turquie contemporaine, Faruk Bilici est professeur émérite des universités à l’Inalco. Il travaille essentiellement sur l’histoire des institutions islamiques, les relations franco-ottomanes (xvie-xxe siècles) et l’histoire de l’Égypte ottomane. Il a dirigé la collection Bibliothèque turque chez Actes-Sud/Sindbad et a co-dirigé La Turquie : d’une révolution à l’autre (2013). Son dernier ouvrage porte sur L’expédition d’Égypte, Alexandrie et les Ottomans (2017).

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