• 25 Avril 2011 / Cartothèque de l'IFEA

    Thumbnail image25 Avril2011 / Cartothèque de l'IFEA - la carte de la semaine :
    Image satellitale Landsat (NASA) du département d'Istanbul prise en 2007 qui met bien en évidence l'emprise du bati de la mégapole.

  • Azat Zana Gündoğan - Peripheral Urbanization and Social Movements: The Case of Gebze, 1965-2015 - 29/5/2015

    Azat Zana Gündoğan (Université Mardin Artuklu)
    Peripheral Urbanization and Social Movements: The Case of Gebze, 1965-2015
    Vendredi 29 mai 2015 à 19h à l'IFEA
    Intervention en anglais

    Peripheral Urbanization and Social Movements: The Case of Gebze, 1965-2015

    Thanks to international marketing campaigns, and recently because of the Gezi protests at its heart, Istanbul has been more central than ever in the global scene. From an imperial court through the primate city of the 1970s to today’s global-city or mega-city under globalization, Istanbul has acquired a place in the second or third tier global cities hierarchy. During this transformation, The Gebze area has become a primary node of industrialization since state’s decentralization of Istanbul-based industry in the 1960s and provides us with a case of peripheral urbanization. I argue that the predominant emphasis of centrality in the studies of global cities and city-regions puts the socio-spatial and political transformations in the peripheries at the background. Despite being labeled as merely the “backwater” of Istanbul, this satellite city has always been a hotbed of social and political contestations, ranging from unionized labor movement in the 1970s to the recent protests against top-down urban regeneration projects.

    In my presentation, I will touch upon three emblematic cases from Gebze’s history of contention: the “strikes of 15-16 June 1970,” the “1994 Gebze Resistance” and political collective actions against recent phase of what David Harvey (2003) calls ‘accumulation by dispossession’: Anti-urban transformation projects. In each of these ‘moments’ (Lefebvre 1996) Gebze’s residents reclaimed the spaces of the city and turned the ‘backwater’ of Istanbul into a space of resistance and hope. My insights are based on the findings of a multi-disciplinary ethnographic and archival research that I conducted in a total of 14 months with funding from Foundation for Urban and Regional Studies and Middle East Research Competition.

  • Études rurales 186 juillet-décembre 2010

    Etudes rurales n°186, 2010/2, Ruralité, urbanité et violence au Kurdistan, Paris, ed. de l'EHESS, 2011 248 p. ISBN 9782713222955

  • Excursion urbaine du 16 décembre 2010 : Kurtuluş

    Rédigé parCilia Martin

    Compte-rendu de l'excursion urbaine du 16 décembre 2010 :


    Marchandage identitaire à Kurtuluş


    Dans la suite de nos excursions urbaines, le quartier de Kurtuluş est un exemple des dynamiques et territoires commerciaux d’Istanbul observables dans un ancien quartier. Ici, les différentes offres commerciales correspondent à diverses formes d’appropriation du territoire qui passent notamment par une mise en scène de l’identité.

    Ancien quartier minoritaire rum dont les premières installations remontent au 16ème siècle, Kurtuluş, anciennement désigné sous le nom de Tatavla, n’est encore qu’un village à la fin du 19ème siècle. Un village centré autour de son église principale mais qui commence à s’étirer vers le nord, le long d’un axe, celui de la grande rue de Tatavla ou Tatavla Caddesi, qui deviendra ensuite Kurtuluş caddesi.

    La visite du quartier commence par l’avenue de Kurtuluş. Avenue phare du quartier,  première à être électrifiée, desservie en eau et où le tramway circule dès 1911, elle cristallise les phénomènes démographiques, économiques et sociaux, eux-mêmes en grande partie suscités par les mobilités qui saisissent tout le quartier, surtout à partir des années 1950.

    Les mutations de commerce

    L’histoire des mutations de commerce sur l’avenue est avant tout une histoire de changement de propriétaires, '‘el değiştirmek’'. Les Rumavaient le monopole du commerce sur l’avenue jusqu’à leur départ de Turquie. Précipités par les évènements de 1955, ils vendent leurs magasins à d’autres minoritaires, des Arméniens pour la majorité. La passation entre Rumet Arméniens est un indice d’une proximité intercommunautaire (les mariages mixtes en sont un autre). Le passage de Feriköy, anciennement passage de l’Atlas, situé tout en haut de l’avenue, illustre cette transmission des commerces, notamment dans le secteur de la chaussure. Le propriétaire du passage était rum. Après 1955, il vend un par un, les locaux du passage en grande partie à des Arméniens. Aujourd’hui encore 2 boutiques sur une quinzaine sont tenues par des Arméniens. Bien que Tatavla ait été un quartier réputé pour ses fabricants et magasins de chaussures, ils sont aujourd’hui beaucoup moins nombreux et vendent leurs chaussures fabriquées dans les usines d’Ikitelli.

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    A l’entrée du passage de Feriköy, l’enseigne d’un magasin de chaussures datant de 1964.

     

    Relocalisation des anciens commerces et arrivée de nouvelles enseignes

    L’avenue est par ailleurs le théâtre d’une relocalisation des commerces à l’instar de la pâtisserie Nazar. Cette pâtisserie tenue par un Rumdans les années 1940, se trouvait d’abord en face de son emplacement actuel, trois numéros plus haut. Dans les années 1960, l’immeuble fut rasé et le propriétaire délocalisa sa boutique trois numéros plus bas. Au changement de propriétaire, le nouvel acquéreur déplaça l’enseigne de l’autre côté de l’avenue. Ces sauts de puce étaient fréquents selon les dires des anciens commerçants. Parallèlement cette ancienne logique commerciale qui subsiste, de nouveaux types de commerces apparaissent depuis les années 1980. Ce sont entre autres des magasins franchisés dans le secteur alimentaire (DİA, ŞOK, ÜÇLER) électroménager, (ARÇELİK, İSTİKBAL) bancaire. L’exemple le plus visible est celui de  Migros qui s’installe, au début des années 1990, juste au commencement de l’avenue récemment remplacé par Carrefour.

    Les magasins franchisés s’installent sur l’avenue

    Enfin, l’ancienne offre commerciale s’adapte à une nouvelle demande Apparaissent par exemple des salons de toilettage pour chien, des pharmacies qui vendent du viagra, des call-shops qui indiquent l’arrivée de nouveaux habitants et traduisent un nouveau style de vie.

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    Offre adaptée à une nouvelle demande : viagra en vitrine de pharmacie, toiletteur pour chien

     

    Mise en scène de la diversité

    Certains magasins affichent sur leur enseigne l’origine géographique de leur premier propriétaire. Cela témoigne d’une part de la volonté d’ancrage territorial exprimé par des habitants issus en majorité du mouvement migratoire des années 1960-1970. Toujours dans le même ordre d’idée, l’implantation d’un bakkala été pour les familles originaires par exemple de Kastamonu, Erzincan et Sivas le premier point d’ancrage dans le quartier. Lieu de sociabilité, le bakkala ainsi légitimé leur présence. De même, les associations de pays (Hemşehir) représentant les Erzincanlı, dont la première date de 1952, participent à cette appropriation de l’espace. D’autre part, l’affirmation identitaire participe de l’image de marque de certains produits tels que les baklavas de Gaziantep.

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    Par le jeu des identités et d’une ancienneté (1965), Göreme devient une référence en matière de laitage.

     

    Mise en mémoire du quartier

    Kurtuluş est l’objet de plusieurs récits de quartier qui ont entrainé une réactivation de l’identité minoritaire. Cette dernière se manifeste depuis trois ans par la revitalisation d’une ancienne pratique collective :le carnaval. Temps fort de la vie sociale, il se déroulait pendant trois jours et réunissait les habitants d’autres quartiers qui venaient se divertir sur la place de Kurtuluş et dans ses nombreux music-halls (Yasemine gazinosu, Ali gasinosu, Bijou, Ararat…). Alors qu’aujourd’hui les music-hall ont été remplacé par Carrefour, le carnaval est ressuscité par des acteurs étrangers à l’ancienne communauté rumdu quartier qui participent ainsi à la folklorisation de l’identité rum.

    'Tatavla dürüm evi'

    Enfin, l’entreprise immobilière OFTON se sert aussi de cette image folklorique pour vendre son projet ‘'Elysium Cool Kurtuluş'’ en s’appuyant sur le mythe de la mosaïque urbaine.

  • J.-F. Pérouse : Le parc Gezi : dessous d’une transformation très politique

    Jean-François Pérouse, « Le parc Gezi : dessous d’une transformation très politique », Métropolitiques, 24 juin 2013. URL : http://www.metropolitiques.eu/Le-parc-Gezi-dessous-d-une.html

  • Marcella Frangipane - Arslantepe: the growth of a 4th millennium power centre in a non-urban space : 21/03/2011

    Séminaire d'archéologie "Pouvoir et espaces urbains"
    Lundi 21 mars 2011 à 18h à l’IFEA
    Marcella Frangipane
    (Université de Rome)

    " Arslantepe: the growth of a 4th millennium power centre in a non-urban space "
    Intervention en anglais.

  • Nicolas Crosnier - La rénovation urbaine de Bakou comme outil géopolitique - 04/03/2013

    Nicolas Crosnier (doctorant INALCO)
    La rénovation urbaine de Bakou comme outil géopolitique, un révélateur des conflits et des représentations des différents acteurs de la société azerbaïdjanaise
    .

    lundi 4 mars 2013 à 11h à l'IFEA

    Intervention en français

    Proposition d'analyse de la société azerbaïdjanaise à travers les transformations de la capitale.
    Comme à Beyrouth ou Dubaï, le paysage urbain de Bakou connaît actuellement une vaste transformation. L'identité des acteurs de l’embellissement urbain est un premier élément précieux pour comprendre les rapports de force dans le pays, de même que l'origine des opposants aux expropriations.  Les choix faits en matière architecturale et les aspects économiques et financiers de ces projets immobiliers sont un deuxième point à étudier. Finalement cette étude permet d'esquisser le portrait géopolitique de la société azerbaïdjanaise.
    Mon exposé portera sur les politiques de rénovation urbaine dans la capitale de l'Azerbaïdjan, Bakou. Dans toutes les capitales du monde, le régime politique écrit dans les murs le récit national et met en avant son projet politique. La situation à Bakou ne déroge pas à cette réalité. La société azerbaïdjanaise est la synthèse complexe de multiples influences. Ainsi, le visage de cette ville connaît une transformation radicale depuis l'afflux de richesses consécutif à l'ouverture d'un oléoduc conçu par les Américains et les Européens. La rénovation urbaine s’accélère, les projets immobiliers se multiplient et paraissent toujours plus ambitieux. Le style «  pharaonique  » de certains édifices n'aura pas échappé au public européen lors de la retransmission du concours eurovision de la chanson fin mai 2012.
    L’intérêt de cet exposé n'est pas que descriptif, il permet de mettre en lumière des éléments constitutifs du régime en place et des rapports sociaux dans la capitale, qui seraient bien difficile à étudier selon les méthodes traditionnelles des sciences humaines. Qui veut analyser la société de l’Azerbaïdjan doit interpréter ce qui se voit et ce qui veut être vu dans la capitale, qui regroupe quasiment toutes les forces vitales du pays.


  • Réinterroger le quartier, à partir d'Istanbul en proie aux transformations

    Réinterroger le quartier, à partir d'Istanbul en proie aux transformations

    Axe de recherche mené par Cilia Martin, Jean-François Pérouse et Mina Saïdi

     
    bandeau lequartier
     

    {tab=Argumentaire}

    On peut dire sans abus que L'IFEA a d'ores et déjà une tradition de recherche sur le quartier, son Observatoire Urbain d'Istanbul – fondé en 1989 – travaillant beaucoup à cette échelle. En somme, le parti pris adopté de facto pour l'approche de la métropole a été celui de l'entrée par le quartier, en rupture avec la vision orientaliste du quartier inhérente au prétendu modèle de la « ville orientale » (Raymond, 1995). Les muhtar comptent parmi les premiers interlocuteurs sollicités lors des excursions urbaines de l’OUI et  le président de l’association des maires de quartier d’Istanbul avait été l’un des premiers invités du séminaire-OUI de l’année 2000-2001. Comme si l'immensité métropolitaine difficilement abordable dans sa totalité ne pouvait être saisie qu'au travers de ces unités de vie, de perception, d'identification et de gestion que sont les quartiers.
    Le quartier a donc été et reste un prisme d'analyse, c'est aussi un catalyseur d'interdisciplinarité, dans la mesure où historiens, anthropologues, sociologues, géographes, architectes et urbanistes peuvent s'y retrouver, à l'instar du séminaire organisé en 2000 à l'IFEA par Işık Tamdoğan.

    Contexte

    Au début des années 2010, le contexte métropolitain – et l'ivresse de la référence à l'échelle globale qui s'est emparée des édiles -  semble défier le quartier comme unité de gestion administrative et politique. On assiste donc à une mise en cause du quartier, qui convoque à la fois les pratiques de mobilité des ménages (une étude récente a révélé que les Stambouliotes changeaient de logement en moyenne tous les deux ans et demi), la puissance des réseaux et des sociabilités réticulaires (plutôt que celles déployées dans la proximité physique) et surtout les politiques de transformation urbaine (kentsel dönüşüm) dont Istanbul est la proie. La perspective annoncée d'un renouvellement de la moitié du bâti de la métropole d'ici vingt ans donne la mesure des bouleversements engagés. Or cette politique prioritaire est conduite par le centre politique – Premier ministre, Conseil des ministres et ministère de l'Environnement et de l'Urbanisme – dans un mépris total des pouvoirs locaux au nombre desquels compte la mairie de quartier (muhtarlık) dont le responsable est élu au suffrage universel tous les cinq ans. Le régime dominant de transformation se déploie dans la négation du local. Cela semble même être une des conditions de son efficacité, la consultation étant jugée comme une perte de temps au regard des objectifs quantitatifs des promoteurs de cette politique. En 2008 une simplification radicale du maillage des quartiers administratifs avait déjà entraîné, surtout dans les arrondissements centraux, la suppression sans appel de nombreux quartiers administratifs, dont certains avaient pourtant une très longue histoire. Certains parlent même d'une suppression totale du quartier comme plus petit échelon d'administration locale, dans les grandes métropoles en tout cas.
    Dans ce contexte, le quartier comme unité de vie – voire comme communauté imaginée – connaît un réinvestissement que l'on peut qualifier de compensatoire. Ce qui se perd en pertinence politique et en cadre de vie quotidien, pour des populations qui travaillent loin de leurs lieux de résidence, paraît se reconvertir en communauté de sentiments rêvée. Le principal réinvestissement affectif à l'oeuvre à Istanbul est le fait des milieux conservateurs qui tendent à exalter le quartier comme unité sociale, humaine, base de la conservation des « vraies valeurs nationales » et de la résistance contre l'atomisation et la modernisation. Dans cette
    vision, le quartier est une unité équilibrée, protégée et stabilisée par  un ensemble de régulations « naturelles », avec ses jeunes et ses vieux, ses riches et ses pauvres, ses hommes et ses femmes, ses humains et ses animaux, ses savants et ses simples d'esprit, ses figures invariables de l'autorité et ses institutions repères (mosquée, école, épicerie... ). Le nombre de publications à caractère nostalgique, vantant les charmes perdus des quartiers ottomans d'antan (Bayramoğlu Alada, 2008), est d'ailleurs impressionnant, sans parler des séries télévisées ou des articles de presse (quotidiens ou magazines). Cette nostalgie du quartier est à la fois une reconstruction idéalisatrice du passé et l'expression d'un conservatisme politique et moral. Le projet conservateur du Parti de la Justice et du Développement (AKP) passe ainsi par un réinvestissement physique des quartiers par une action de proximité développée en direction des femmes, des enfants et des personnes âgées, et par de nouvelles institutions comme le médecin de famille, l'imam de famille et le konak de proximité (semt konağı). Cette dernière institution, qui interfère avec la mairie locale, ne tire pas sa légitimité du suffrage universel comme celle-ci, mais du parti qui en a fait un vecteur de son influence et du contrôle social local, au cœur des territoires de vie quotidiens.

    (Ré)investissements

    L'économie immobilière n’est pas en reste dans ce réveil. Elle s'est aussi emparée de cette nostalgie, en commercialisant la référence au « quartier traditionnel » et à ses supposées incomparables valeurs d'urbanité, dans une reformulation opportuniste du principe « small is beautifulnbsp;». Cela conduit parfois les promoteurs, tout comme les concepteurs de centres commerciaux d'ailleurs, à produire des pastiches de quartier ressemblant à de mauvais décors de
    série télévisée. L’ouverture fin 2012 dans un centre commercial très chic de tout un étage dénommé «nbsp;Quartier/Mahalle » semble confirmer cet usage croissant de la référence décontextualisée au quartier par l’économie urbaine de la consommation. Le petit commerçant de quartier, atrophié par le développement des centres commerciaux, est récupéré comme simple icône « hors sol », dans le cadre de ces mêmes centres.
    Parallèlement un réinvestissement politique peut s'opérer selon d'autres modalités, comme celui enregistré après le tremblement de terre d'août 1999 où certains habitants d'Istanbul ont réalisé que face aux risques sismiques seule une organisation à l'échelle locale était réellement
    efficace. Il en est résulté un regain du phénomène associatif à l'échelle des quartiers, par réactivation d'associations récentes ou créations ex-nihilo. Les luttes écologistes et les mobilisations contre la transformation urbaine ont aussi pour effet de réactiver le quartier en tant qu'échelle et cadre de contestation, comme on l'a vu dès 1994 à Arnavutköy – contre, déjà  !, un tracé de troisième pont routier sur le Bosphore -, et dans des dizaines de quartiers désormais dressés contre la perspective d'une destruction, d'une éviction et de déplacements forcés. En ce sens, la transformation urbaine peut participer, dans certaines conditions, à la recristallisation d'une conscience de quartier, comme on l’a vu à la suite de la révolte du parc de Gezi de juin 2013.
    Certaines organisations de
    gauche radicale, à l’instar des « Maisons du Peuple » (Halkevleri) participent aussi au réinvestissement politique du quartier, à la fois au niveau symbolique – en exaltant la mémoire des mouvements révolutionnaires dans les quartiers au cours des années 1970 (Aslan, 2004) - et au niveau pratique, en implantant des associations de quartier, en favorisant les mobilisations à cet échelon, voire en noyautant certaines mairies de quartier (Yıldız, 2013). Suivant l’invitation du sociologue Ali Şimşek (2008), la gauche turque semble redécouvrir cette unité sociale concrète.
    Le quartier à Istanbul, dans ce contexte contradictoire et stimulant, n'est donc pas un objet d'étude
    obsolèteque la recherche aurait épuisé. Sa polymorphie et les formes d'investissement qu'il polarise encore en font un analyseur inépuisable des dynamiques urbaines. Pour l’étude des populations captives – par l’âge, le sexe, la langue, un handicap physique ou la position socio-économique – l’entrée par le quartier paraît particulièrement adaptée et même indispensable. C’est comme si, à l’heure des mobilités et des mises en réseau démultipliées pour certains, le quartier ne restait une réalité que pour les plus démunis et les plus invisibles. Ne serait-ce qu’à ce titre, il mérite la plus haute attention.

    Réinterroger”, pour faire écho à notre : « ‘Interroger le quartier’  : quelques repères terminologiques et méthodologiques », Anatolia Moderna/Yeni Anadolu, n°X, Istanbul, IFEA, 2004, p. 127-130.


    Le tableau d'İbrahim Sâfi (1899-1983) intitulé “Eski İstanbul Mahallesi” (Vieux quartier d'Istanbul) a parfaitement fixé cet imaginaire archétypal du quartier.

    Citons ici juste quelques titres d'articles parus récemment : “Je veux qu'on me rende mon quartier”, Gezinti, automne 2003, p. 28-32, “Pourquoi avons-nous cessé de faire le salut du matin?”, Zaman-Cumartesi, 17 février 2007, p. 7, “Avant il y avait les mères de quartier; à chaque souci on accourrait à elles” (Star, 15 avril 2012, p. 1), “Êtes-vous un bon voisin?”, Zaman-Cuma, 27 avril 2012, p. 7, “Qui est donc mon voisin de palier?” (Yeni Bahar, 3 mai 2012, p. 34-35), “Les imams de quartier à l'époque ottomane” (Yeni Bahar, 3 mai 2012, p. 6-7)...

    Le complexe résidentiel fermé développé en 2012 par le groupe Neo Vista au nord-ouest de l’aire urbaine joue beaucoup sur cette référence au quartier; “La vie de quartier a été greffée, avec des prix qui commencent à 760 000 TL”, Dünya, 22 mars 2012, p. 16. On pourrait croire à une plaisanterie, eu égard aux prix proposés...

    Voir Mehmet Tez, “Nous sommes devenus américains, bravo” (en turc), Milliyet-Cumartesi, 26 janvier 2013, p. 2.

    Voir notre: “Catastrophes, risques sismiques et redécouverte de la dimension locale à Istanbul », In  : Coanus T. et Pérouse J.-F. (éd.), Villes et risques. Regards croisés sur quelques cités «  en danger,  » Economica, Anthropos, 2006, p. 56-78.

    Voir sur cet aspect  notre : “Katmerli mağdurların muhalif olma hakkı yok. Ayazma’da neden yerel bir muhalefet oluşamadı?” (Les victimes multiformes n’ont pas le droit à l’opposition. Pourquoi aucune résistance n’a pu émerger à Ayazma  ?), İstanbul Dergisi, Nisan 2008, n°63, pp. 26-29.

    Voir Can Uğur: “Regard sociologique sur les quartiers de gecekondu : qui dit quartier dit voisinage et solidarité” (en turc), Birgün, 30 décembre 2012.

    Le “Netherlands Institute inTurkey” travaille depuis 2012 aussi beaucoup à cette échelle, en focalisant sur un quartier-parangon, celui de Tophane à Beyoğlu ; consulter :http://www.nit-istanbul.org/NITTophaneHeritageProject.pdf

    Comme le prouve le compte-rendu récent : Virgilio Pinto Crespo, « Biographie d’un quartier de Madrid », La Vie des idées, 17 juillet 2013. ISSN  :  2105-3030. (URL  : http://www.laviedesidees.fr/Biographie-d-un-quartier-de-Madrid.html (dernière consultation  : 19 juillet 2013).

    {tab=Bibliographie}

    • Aslan Ş. (2004), Bir Mayıs Mahallesi. 1980 Öncesi Toplumsal Mücadeleler ve Kent[Le quartier du Premier Mai. Luttes sociales et ville avant 1980], İstanbul, İletişim.
    • Ayverdi H. (1965), Fatih Devri Sonralarında İstanbul Mahalleleri, Şehrin İskânı ve Nüfusu, Ankara: Doğuş Matbaası.
    • Bayramoğlu Alada A. (2008), Osmanlı Şehrinde Mahalle [le quartier dans la ville ottomane], İstanbul: Sümer.
    • “Dünya’nın merkezi Mahallemiz” II [Le centre du monde, notre quartier], Kebikeç, 20, 2005.
    • Kara İ. & A. Birinci (1997), Mahalle mektebi hatıraları [Souvenirs de l’école de quartier], İstanbul : Kitabevi.
    • Osmanlı Mahalleleri Atlası, Atlas Dergisi özel kolleksyion 2011, İstanbul: DB.
    • "Aux marges de la métropole stambouliote : les quartiers Nord de Gaziosmanpaşa, entre varoş et Batıkent", Cahiers d'Etudes sur la Méditerranée Orientale et le monde Turco-Iranien ("Métropoles et Métropolisation"), CERI/FNSP, Paris, 1997, n°24, p. 122-162.
    • « Lettre d’Istanbul. Le quartier d’Ayazma »,   Mediterraneans-Méditerranéennes, Paris, nº12, octobre 2001,   p. 320-323.
    • «  Göz ardı edilen bir mahalle  ?  Küçükçekmece Ayazma mahallesi» (Ayazma à Küçükçekmece, un quartier tenu à l‘écart?), İstanbul Dergisi, Ocak 2002,   n°40, p.  81-83
    • «  Les métamorphoses de ‘Gazi Mahallesi’  : formation et dilution d’un quartier périphérique d’Istanbul  », Anatolia Moderna/Yeni Anadolu, n°X, Istanbul, IFEA, 2004, p. 189-204.
    • « Ayazma (Istanbul)  : une zone sans nom, entre stigmatisations communes et divisions internes  », in  : J.-L. ARNAUD (dir.), L'Urbain dans le monde musulman de Méditerranée, Paris  : Maisonneuve & Larose, 2006, pp. 155-174.
    • Raymond A. (1995), "Ville musulmane, ville arabe : mythes orientalistes et recherches récentes", in J.-L. HERVE, J.-C. BIGET(coord.) Panoramas urbains, situation de l'histoire des villes,  Fontenay/St-Cloud, E.N.S. Editions, p. 309-336.
    • Şimşek A. (2008), «La gauche doit bien lire les quartiers » (en turc), Birgün, 20 avril 2008, p. 11.
    • Yıldız E. & Oda Projesi (2013), Kendi sesinden Gülensu-Gülsuyu [Gülensu-Gülsuyu, de l’intérieur], Ankara, Nota Bene.

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