Edhem Eldem (BOUN)
Osman Hamdi Bey et Gustave Mendel au début du XXe siècle
mardi 28 mai 2013 à 17h à l'INHA, salle Vasari 

Intervention en français

dans le cadre du cycle de conférences autour de l’exposition Eclats d'Antiques, co-organisée avec l'IFEA

Ali Cheib Ben Sassi (doctorant en co-tutelle à l’Université du 9 Avril Tunis et à l’Université d’Aix Marseille)
Les inscriptions monumentales et funéraires de la Tripoli d'occident ottomane (1556-1906)
lundi 3 juin 2013 à 18h à l'IFEA 

Intervention en français

Notre étude s’inscrit dans un contexte général, celui de l’étude des inscriptions en Libye. En particulier, il s’attache aux études spécifiques en épigraphique ottomane concernant la ville de Tripoli de Libye, capitale de la Régence Ottomane entre 1551 et 1911.

Notre objectif, grâce à l’importance historique et grâce à la pénurie des études épigraphiques de la ville, objet de notre étude, c’est de former un corpus d’inscriptions monumentales et funéraires.

Les inscriptions qui entrent dans le cadre de cette études se trouvent encore in situ dans différents monuments religieux (mosquées, zawiyas, médrasa), défensifs (forteresses, murailles) économiques (fondouk) et funéraires mais également dans des musées. Ces documents viennent dans un contexte historique qui couvre plus de trois siècles, durant lesquels, la Régence de Tripoli d’occident connut de nombreuses mutations politiques (1551-1911). Cette période est répartie d’après les chercheurs en trois phases : début de l'époque ottomane, période des Qaramanlis, seconde et dernière époque ottomane.

Charlotte Deweerdt (doctorante l’Université de Provence, Aix-en-Provence U1)
Gestion du risque, maîtrise du feu à Alexandrie (1855-1920) : histoire croisée de l’assurance et de la fabrique urbaine
lundi 27 mai 2013 à 18h à l'IFEA 

Intervention en français

La recherche que je réalise dans le cadre de mon doctorat, en histoire contemporaine de l’Égypte, porte sur l’étude des transformations de la ville d’Alexandrie durant la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’aux années 1920. L’articulation de ces thématiques diverses, économiques, sociales et urbaines, est le résultat de la construction de mon objet à partir de l’étude de l’assurance qui procure à la fois des archives inédites et des nouvelles questions de recherche.
Mon intérêt porte sur la compréhension des réformes de la propriété foncière et immobilière en lien avec la production de l’espace, et j’envisage l’assurance, notamment la branche "incendie" comme une activité qui se positionne historiquement au carrefour de ces processus. Ainsi, la notion de « risque » (sa construction et ses usages) est appréhendée par l'étude circonstanciée de la maîtrise et de la lutte contre le feu, et des différents acteurs, privés et publics, impliqués.
Dans le cadre de mon séjour à l’IFEA, je travaille sur la dimension comparatiste de cette étude avec Istanbul, et souhaite vous présenter les résultats intermédiaires et les pistes de travail dégagées. Je reviendrai donc sur l’aspect méthodologique en présentant un état des lieux de l’historiographie mobilisée, les archives et questions qui soutiennent cette démarche.

Patrice Pomey (CCJ Aix-en-Provence)
Beyond the excavation to the Museum : the replica of the greek shipwrecks of the Jules-Verne in Marseilles and the Prôtis project
mercredi 29 mai 2013 à 18h à l'FEA 

Intervention en anglais

En 1993, les fouilles du port antique de Marseille mettaient au jour deux épaves grecques archaïques du VIe siècle avant J.-C. Leur étude par le Centre Camille Jullian (Aix-Marseille Université – CNRS) a permis de restituer les navires d’origine.
Les épaves, après avoir été traitées, seront présentées dans le nouveau Musée d’Histoire de Marseille et la réplique navigante d’une des épaves est en cours de construction pour être prête à naviguer à la fin de l’été prochain.

In 1993, two archaic Greek shipwrecks of the 6th century BC were found during the excavations of the ancient phaven of Marseilles. Their study by the Centre Camille Jullian (Aix-Marseille University - CNRS) allowed to reconstruct the original vessels.
Wrecks, after being processed, will be presented in the new Musée d'Histoire de Marseilles and a sailing replica of one of the wrecks is under construction to be ready to sail at the end of the next summer.

La journée d’études organisée dans le cadre du séminaire Sociétés urbaines méditerranéennes et levantines. Histoire et anthropologie. 
lundi 3 juin 2013 de 9h15 à 19h00, à la salle 5.28 du PLC Inalco 6 rue des Grands Moulins, 75001 Paris Métro : Bibliothèque François Mitterrand

Organisé par :
École française d’Athènes, INALCO (CREE), Institut français d’études anatoliennes (Istanbul) et EHESS (IIAC-LAU) 

Interventions en français

PROGRAMME
9h15 - 9h30 : Accueil et introduction
9h30 - 10h30 : Jean-François Pérouse (Directeur de l’IFEA, Istanbul)
La Méditerranée dans l’espace politique et culturel turc
10h30 - 11h00 : Pause café
11h - 11h30 : Cilia Martin (doctorante EHESS)
Temps et tensions autour du cosmopolitisme à Istanbul
11h30 - 12h30 : Alexis Gilodi (doctorant EHESS) et Mathieu Jestin (doctorant Univ.Paris1)
Milieux diplomatiques français en Méditerranée orientale : approche prosopographique et réseaux familiaux
12h30 : Discussion
13h - 14h30 : Déjeuner
14h30 - 15h00 : Iris Polyzou (doctorante Université de Poitiers/Polytechnique Athènes)
Insertions socio-spatiales des migrants dans l'espace urbain Etude comparative dans deux quartiers de la Municipalité d’Athènes
15h00-15h30 : Sara Scata (doctorante EHESS Distances sociales et univers familiers : éléments d'une ethnographie de la population druze Beyrouth
15h30-16h00 : Amr Kamal (doctorant,UMich Ann Arbor)
Empires et emporiums : récits sur les grands magasins dans le cadre du monde Méditerranéen Moderne.
16h00 - 16h30 : Discussion
16h30 - 16h45 :Pause café
16h45 - 17h15 : Aylin de Tapia (doctorante EHESS/Université Boğaziçi)
Habitant de ville, habitant des champs. Définir la limite entre urbanité et ruralité dans la Cappadoce ottomane (XIXe-XXe s.)
17h15 - 17h45 : Yoann Morvan
Dynamiques d'insularités, enclavements multiscalaires et participation à l'économie
métropolitaine, le cas des Juifs d'Istanbul
17h45 - 18h30 : Discussion et Conclusion


Organisation:
Meropi Anastassiadou (INALCO) : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Maria Couroucli (CNRS/EFA) : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Franck Mermier (CNRS/EHESS) : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Jean-FrançoisPérouse (IFEA) : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Dans le cadre du séminaire de recherche IFEA / Galatasaray
Verda İrtiş (Université Galatasaray)
Un regard sur la justice pénale des mineurs à travers la question des tribunaux pour enfants : le cas de la Turquie
vendredi 31 mai 2013 à 18h à l'IFEA
Intervention en français
Romain Lecler (Doctorant en science politique, Université Paris I Sorbonne)
Sociologie de la mondialisation
mardi 21 mai 2013 à 18h à l'IFEA
Intervention en français

Autour de son livre Sociologie de la Mondialisation, Paris, La Découverte, 2013

Le succès du terme « mondialisation » occulte bien souvent une absence de définition précise et une réduction de la notion à la seule dimension économique. Mais de très nombreux chercheurs en sciences sociales se sont aussi intéressés à la mondialisation pour l'analyser et la définir concrètement. On peut synthétiser leurs recherches au travers de cinq grands débats : Est-ce que la mondialisation est une réalité concrète ou un simple discours ? Est-elle un phénomène récent ou est-elle au contraire plus ancienne qu'on ne le croit ? Est-ce qu'on peut l'appréhender plutôt à travers des flux et des réseaux, ou doit-on l'observer dans des lieux bien précis et délimités ? Est-elle réservée à des élites transnationales ou existe-t-il aussi une mondialisation « par le bas » ? Est-ce qu'elle engendre une homogénéisation des cultures ou au contraire, une conjugaison de leur diversité ?

Shoshana Fine (doctorante à Science Po Paris)
La christianisation des migrants de transit afghans et iraniens : rencontres à la frontière
jeudi 30 mai 2013 à 18h à l'IFEA 

Intervention en français

Cet article fait partie de mon projet de thèse, dont le but est de comprendre les mécanismes de gouvernance de migration de transit et comment cette situation de transit est vécue et négociée par les migrants concernés. Cet article traite de la manière dont les régimes de contrôle aux frontières sont liés au contexte local de conversion au Christianisme des migrants de transit afghans et iraniens en Turquie. Il est soutenu que la logique temporelle, spatiale et identitaire des régimes de contrôle migratoires a ouvert un espace occupé d'une part par les ONG et associations chrétiennes aux frontieres desdits pays de transit comme la Turquie ; d'autre part par les migrants de transit qui recherchent soit à se recontruire comme "désirables", soit à mieux (sur)vivre leur condition de "transit" à travers une reconstruction d'eux-mêmes.

Nicolas Fait (doctorant à l'Université Lille 1)
Comment penser les migrations d'Afrique subsaharienne vers la Turquie : questionner le transit et l'immigration

Intervention en français 

Mes recherches doctorales portent sur les migrations en provenance d'Afrique subsaharienne vers la Turquie, un phénomène récent et encore relativement peu documenté. La réorganisation des flux migratoires, subséquente à de nouvelles politiques restrictives mises en place dans les pays historiques d'immigration mais aussi à l'émergence de nouvelles opportunités dans des pays qui n'étaient pas considérés comme pays d'immigration (emploi, facilité d'obtention de visa...), nous invite aujourd'hui à repenser les schémas orientant traditionnellement notre perception des phénomènes migratoires. Ainsi, certains pays n'ont plus le même rôle, la même position dans l'espace migratoire. Qu'en est-il de la Turquie, pays généralement perçu comme pays d'émigration ? Serions nous aujourd'hui à une période charnière dans l'histoire des migrations en Turquie ? Nous nous proposons de répondre à cette question à l'aide d'une méthodologie qui portera sur l'étude des institutions impliquées dans la « gestion » du phénomène (institutions européennes, turques, africaines, qu'elles soient étatiques, internationales ou non-gouvernementales), doublée d'une étude compréhensive sur le terrain visant à comprendre l'expérience migratoire des migrants issus d'Afrique subsaharienne (à travers une approche diachronique des parcours et de l'évolution des projets migratoires). Les objectifs consistent à développer une perception plus fine et une représentation plus complexe de ce nouveau phénomène migratoire prenant forme entre l'Afrique subsaharienne et la Turquie, d'en comprendre les logiques et son évolution.

Jean-François Pérouse (IFEA)
A l'abri (impossible) des regards. Biracı et şarapçı dans la métropole : auto-discrimination, masculinité chaude et automobile
mardi 28 mai 2013 à 18h à l'FEA 

Intervention en turc

On s’attachera ici à esquisser une petite ethno-géographie de pratiques urbaines ordinaires honteuses. Celles qui consistent à boire de l’alcool dans la ville en marge des lieux désignés par l’ordre moral et marchand. On s’intéressera aux personnes concernées (classe et genre), au moment et surtout aux lieux (et à leur institution plus ou moins sophistiquée). On verra comment dans les arrondissements centraux d’Istanbul s’organise la consommation d’alcool hors des lieux autorisés destinés à des catégories plus favorisées. Comment et où s’instituent les lieux et sociabilités éphémères de la consommation prohibée? Comment s’opère l’auto-stigmatisation par une triple dissimulation – qui ne trompe personne - dissimulation de soi (fonction-écran du véhicule automobile), de son statut et de sa boisson alcoolisée. Parallèlement, on envisagera les lieux périphériques, chemins en bord de route, bords de mer, de Bosphore ou de forêt, et quelques lieux fixes, honnis, comme les murailles maritimes ou continentales. Les résidus de ces pratiques honteuses, bouteilles vides, sacs plastiques noirs fournis par les relais Tekel ou feuilles de journaux froissées ayant servi à envelopper les produits indignes, dessinent dans la ville un archipel maudit. 

Silvia Serrano (Université d'Auvergne)
Religion et politique en Géorgie postsoviétique
vendredi 24 mai 2013 à 18h à l'IFEA 

Affluence dans les églises, présence systématique de représentants des autorités lors des cérémonies religieuses, saturation de l’espace public par des édifices culturels ou de symboles religieux : tels sont là quelques signes d’une importance accrue de l’orthodoxie en Géorgie. Mon propos est d’interroger cette effervescence, particulièrement forte en comparaison avec les autres Etats du Caucase du Sud, en tentant de comprendre non seulement les processus rationnels et délibérés dans lesquels s’engagent les élites à des fins politiques - « l’instrumentalisation » du religieux-, mais également les configurations structurelles et historiques qui placent l’orthodoxie au cœur de l’expression publique du politique.

Les études sur le religieux au Caucase restent dominées par le prisme de la « menace », principalement quand il s’agit de l’islam, ou, en contexte chrétien, par le caractère supposé intrinsèque de la subordination des Eglises au pouvoir séculier. Aussi sont-elles restées à l’écart des recherches sur les liens entre les processus de démocratisation et la montée en puissance des acteurs religieux, tels que mis en exergue sur d’autres terrains (Afrique subsaharienne, monde arabe, etc.). Mon objectif est d’appréhender les dynamiques de politisation à l’œuvre à travers le religieux en Géorgie postsoviétique.

Je partirai du trait le plus saillant, la visibilité des nouvelles formes de religiosité orthodoxe dans l’espace public, pour montrer comment l’orthodoxie est mobilisée dans la construction de deux types d’identités politiques, une identité « nationale » et une identité que j’appellerai « populaire », au détriment des autres cultes historiquement présents. D’une part, elle est au cœur de la reformulation d’un nationalisme religieux, dans un contexte dans lequel l’Eglise orthodoxe de Géorgie est appelée à défendre sa place sociale et symbolique alors même que les évolutions vers le pluralisme sont un défi à sa position monopolistique. D’autre part, différents acteurs sociaux se saisissent de l’orthodoxie pour introduire des clivages, non pas selon des fractures religieuses, mais au contraire éminemment politiques. L’orthodoxie est aussi ce qui permet de s’opposer à un discours et à des politiques élitaires, libérales, souvent antisociales, qui mettent à mal une part importante de la population.

Intervention en français

Murat Yılmaz (doctorant IHEID de Genève)
La privatisation de l'enseignement supérieur en Turquie et la recomposition des élites intellectuelles, 1980-2010
Jeudi 23 mai à 16h00 à l'IFEA 

Intervention en français

Mon travail de thèse s’intéresse à l’impact de la privatisation de l’enseignement supérieur sur les élites intellectuelles turques. Il part de l’hypothèse selon laquelle, suite au coup d’Etat de 1980, le régime militaire soutenu par les milieux de droite a autorisé dans le contexte ultranationaliste et économiquement ultralibéral des années 1980 la privatisation de l’enseignement supérieur dans le but de garantir la reproduction d’une élite au cours d’un processus écartant tout risque de politisation à gauche. En effet, la politisation et la radicalisation des universités durant les décennies 1960 et 1980, avaient sérieusement compromis les chances de l’Etat de reproduire dans la durée les élites nationalistes, conservatrices et compétentes dont il avait besoin.

La privatisation de l’enseignement supérieur, conçue comme un remède à ce « mal », allait d’ailleurs de pair avec la mainmise totale de pouvoir sur l’ensemble des universités par le biais du YÖK (Yüksek Öğretim Kurulu), le Conseil de l’enseignement supérieur. D’après ma deuxième hypothèse, l’Etat n’a cependant pas pu réaliser ce projet de manière satisfaisante en ce sens où la privatisation n’a pas donné naissance à un processus d’homogénéisation intellectuelle (et partant technocratique et bureaucratique) que l’Etat voulait à tout prix imposer. Au contraire, elle a favorisé l’hétérogénéisation des élites intellectuelles turques, notamment par le biais deux de universités privées, Bilgi et Sabancı, qui depuis une dizaine d’années développent une forme de dissidence intellectuelle.