Louis Robert

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Historien et archéologue français spécialiste de la Grèce antique et plus particulièrement d'épigraphie et de numismatique, Louis Robert est né en 1904 dans le Limousin. Profondément marqué par une enfance rurale, il mène ses études à Paris, au lycée Louis-le-Grand et intègre l’Ecole normale supérieure en 1924. Dès la fin de ses études secondaires, sa passion pour la Grèce se trouva avivée par la lecture des « voyageurs » des XVIe-XIXe siècles. En 1927, il devient membre de l’École Française d’Athènes. Durant les années qu'il passe en Grèce, Louis Robert ne fouille pas mais parcourt le pays et la Turquie voisine.En 1932, de retour d'Athènes, il est nommé directeur d'étude à l'Ecole pratique des Hautes Etudes. Il reçoit ensuite la proposition d'une mission d'exploration archéologique en Asie Mineure, mission renouvelée en 1934. L'Asie mineure occupe rapidement une place privilégiée, qu'elle ne quittera plus, dans ses études scientifiques et lui donne matière à son premier livre, Les villes d'Asie Mineure en 1935 suivi en 1937 des Études anatoliennes. Il devient ensuite professeur d’Épigraphie et d’antiquités grecques au Collège de France en 1939 et membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1948 qui dit de Louis Robert qu’il était un « très grand historien, se distinguant par l’étendue de ses intérêts et l’extraordinaire maîtrise de sources dont il contribua, plus que tout autre, à montrer qu’elles ne pouvaient être correctement interprétées que par leur constante confrontation : inscriptions, mais aussi textes littéraires de toute sorte, récits de voyageurs, monnaies, reliefs figurés, monuments divers, qui toujours doivent être replacés dans leur contexte historique et géographique. L’un de ses plus grands mérites fut sans aucun doute cette lutte incessante pour briser le carcan de spécialités repliées sur elles-mêmes. »

 Voir aussi l'article écrit à l'issue d'un colloque organisé à l'issue du dixième anniversaire de la création du fonds Louis Robert de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres dans lequel il est écrit que Louis Robert avait "accumulé des archives considérables comme aussi de photographies de pierres inscrites et surtout de paysages et de sites de la Turquie occidentale, clichés pris avant les grands bouleversements touristico-industriels de ces dernières décennies et ayant dès lors aujourd'hui valeur de témoignages irremplaçables sur l'état ancien (et parfois antique) du pays". (cliquez ici)  

C'est à l'âge de 52 ans qu'il devient directeur de l'IFEA qu'il dirige pendant huit ans.

La bibliographie de Louis Robert compte plus de 460 entrés, depuis 1924 jusqu’à sa mort : de nombreux articles, repris dans les 7 volumes d’Opera minora selecta (1969-1990), les 13 volumes d’Hellenica (1940-1965), les Documents d’Asie Mineure (1985), des corpus par régions ou par sites (Le plateau de Tabai et ses environs, Les fouilles d’Amyzon en Carie), des monographies (Les Gladiateurs dans l’Orient grec, Noms indigènes dans l’Asie Mineure gréco-romaine, A travers l’Asie Mineure, Géographie et philologie, Le Martyre de Pionios, prêtre de Smyrne), etc. (Voir Le Petit Robert électronique, compilation de D. Rousset des articles disponibles en ligne et des références bibliographiques Worldcat, sur le site Internet Saxa Loquuntur)

Au cours de nombreuses missions, d’abord seul dans les années 30, puis de 1946 à 1964 en compagnie de Madame Jeanne Robert, il explora méthodiquement l’Asie Mineure, multipliant les photographies, les relevés et estampages d’inscriptions. À quoi il faut ajouter les fouilles d’Amyzon en Carie, en 1949-1950, puis celles du sanctuaire d’Apollon à Claros, de 1950 à 1961, ainsi qu’une intense activité dans les musées turcs et leurs réserves.

Voir le texte écrit par Pierre Chuvin à son sujet paru dans la revue Histoire, n°279, 2003 (cliquez ici)

Liste des ouvrages conservés à l'IFEA (cliquez ici)

 

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