Les voies de la citoyenneté

7-10 octobre 2018 SALT Galata

Excursions urbaines

La transformation urbaine de Gaziosmanpaşa : historique, acteurs et projets

8th IFEA Archaeology Meetings

Anatolian Landscapes Inhabiting Asia Minor in Antiquity

En bref

L'IFEA est un Institut de recherche français en Turquie. Dépendant du MEAE et du CNRS, il a pour vocation de faciliter, de fédérer et d'impulser des recherches en sciences humaines et sociales. C'est une structure de services et d'accueil des chercheurs. L'institut propose une programmation scientifique ouverte au public. 

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Fouilles et travaux archéologiques français Sites de référence 
Projets de recherche et thèses Éléments de bibliographie 


 Fouilles et travaux archéologiques français

Gaziantep - Hatay

nizipProspection paléolithique (1983-1988)

Angela Minzoni-Déroche (Centrale Paris)
Des recherches en collaboration étroite entre préhistoriens et géomorphologues ont été menées entre 1983 et 1988 en vue de répondre au besoin qui existe, en Anatolie, d'établir un cadre chronostratigraphique d'ensemble. Lors des prospections effectuées, a été découvert le gisement de Kocapinar, dans la province d'Antalya; toujours dans la même province, a été effectuée la cartographie précise des grottes voisines de Karain, telles Okuzini, Çarkini ou Kızılın. Dans les portes de Cilicie a été reconnu un gisement de plein air à Çakmaktepe, au nord d'Ulukışla. Plusieurs gisements de plein air ont été localisés dans la province de Gaziantep mais l'érosion a beaucoup affecté les surfaces et il est fort possible qu'il ne reste plus de sédiments parfaitement in situ. En de nombreux points, les ramassages dans les alluvions quaternaires de l'Euphrate et de ses affluents ont livré une industrie Acheuléenne. Sur la côte méditerranéenne du Hatay, cinq grottes ont été repérées; dans l'une d'entre elles, Uçağızlı.
 
Pour aller plus loin : Les résultats préliminaires ont été publiés dans les Araştırma Sonuçları Toplantıları et un rapport intitulé A. Minzoni-Déroche, Le Paléolithique du Bassin du Nizip, (Rapport Préliminaire)

Gaziantep

Fouilles de Tilbeshar (1995-2006)

Christine Kepinski (CNRS - UMR 7041), Marie-Odile Rousset (CNRS - UMR 8167), Rifat Ergeç (Univ. Gaziantep), Fatma Bulgan (Musée Gaziantep)

cartePériodes concernées : Chalcolithique, Bronze Ancien, Bronze Moyen, Achéménide, Byzantin, Médiéval

Activités :

Les deux premières années, 1994 et 1995, ont été consacrées à la prospection du site et à de brefs sondages. De 1996 à 2000, cinq campagnes de fouilles ont eu lieu, chaque printemps. Puis trois missions d’études se sont déroulées de 2001 à 2004. Les opérations de terrain devraient se sont déroulées sur deux saisons supplémentaires, en 2005 et 2006. Nos travaux sont essentiellement financés par le Ministère des Affaires Étrangères et bénéficient de sa caution scientifique ainsi que de celles du Centre National de la Recherche Scientifique et de l’Institut Français d’Études Anatoliennes d’Istanbul 

Pour aller plus loin : Les résultats préliminaires ont été publiés chaque année dans Anatolia Antiqua et les Kazi Sonuçlari Toplantıları. Une synthèse des travaux est parue dans la revue Anatolica 31, 2005
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Mission de Zeugma-Moyenne vallée de l’Euphrate (1995-2000)

Catherine Abadie-Reynal (Univ. Nantes - IFEA), Rifat Ergeç (Univ. Gaziantep), Fatma Bulgan (Musée Gaziantep)
 

La mission de sauvetage de Zeugma-Moyenne Vallée de l’Euphrate a été mise en place en 1995, lorsque la communauté scientifique apprit l’existence d’un projet de barrage à Birecik, à une vingtaine de kilomètres au Nord de la frontière entre la Turquie et la Syrie. Le lac de retenue devait immerger une partie de la Moyenne Vallée de l’Euphrate et occasionner la disparition de plusieurs dizaines de sites, toutes époques confondues. Il fut donc décidé d’intervenir, afin de rassembler le maximum d’informations sur cette partie de la vallée de l’Euphrate qui était destinée à disparaître irrémédiablement alors qu’elle fut, de tout temps, un lieu de passage et d’échanges très riches. Le Ministère français des Affaires étrangères a supporté cette action, ainsi que, à partir de 2000, le Packard Humanities Institute. Les missions furent conduites sous la direction de C. Abadie-Reynal.

Trois sites furent concernés par cette opération de sauvetage franco-turque, mise en place avec le Musée de Gaziantep et l’Institut français d’Etudes anatoliennes. En amont, Horum Höyük dont l’occupation s’échelonne entre le chalcolithique et l’époque médiévale, a fait l’objet de travaux conduits par C. Marro et A. Tibet et principalement axés sur la période protohistorique. A huit kilomètres en aval, deux autres sites, localisés face à face, Apamée, sur la rive gauche, et Séleucie-Zeugma, sur la rive droite de l’Euphrate, ont été fouillés par nos équipes.

Le travail sur le terrain était considérable : deux villes d’époque classique devaient être étudiées en un temps très limité, puisque nous ne disposions que de cinq années avant la mise en eau du barrage qui devait immerger l’ensemble de la ville d’Apamée et le tiers inférieur du site de Zeugma. Nous avons donc été amenés à choisir une problématique très précise d’étude de ces sites, mettant l’accent sur le fleuve, l’importance et les conditions de son franchissement ainsi que son rôle dans l’implantation et l’organisation des villes. D’autre part, lorsque cela était possible, nous avons eu recours à l’utilisation de techniques nouvelles comme la prospection électrique et magnétique, dont la mise en oeuvre a été effectuée sous la direction de N. Florsch.

Grâce à ces choix, deux nouvelles villes de l’Antiquité classique ont été en partie ressuscitées : elles nous donnent une image très diversifiée de l’urbanisme grec qui a su s’adapter aux exigences du terrain et surtout nous révèlent la richesse d’une région située aux confins des mondes grec et romain, qui jusqu’à présent était très mal connue.

Apamée est une ville dont l’histoire semble assez courte puisqu’elle n’aurait guère été occupée que pendant environ deux siècles. Elle fut fondée au début du IIIe s. ap. J.-C., à l’intérieur d’un méandre de l’Euphrate, dans une plaine alluviale. Les prospections électriques et magnétiques, complétées par des sondages ponctuels, nous ont permis de découvrir, en quelques mois de travail, un établissement dont les fortifications paraissent être l’élément premier à partir duquel s’est élaboré le plan de la cité. On peut suivre ces murailles sur une longueur de 2,2 km. Les fortifications nord et est comportent des tours rectangulaires saillantes, disposées à espace régulier. Trois portes ont pu être repérées. Ces murs enserrent, au total, une superficie d’environ 45 ha.
L’organisation de la ville se caractérise par un plan orthogonal, inspiré par les principes établis dès le Ve s. av. J.-C. par Hippodamos de Milet. Les rues se croisent à angle droit, déterminant ainsi des îlots réguliers et allongés qui mesurent, avec de faibles variations, 42 m de largeur est-ouest sur 107 m de longueur nord-sud. Les îlots sont séparés par un réseau de rues orthogonales dont la largeur varie selon leur importance. Les voies situées dans l’axe des portes de la ville sont deux fois plus larges que les rues secondaires. On a donc une ville qui a probablement vu son étendue et son plan général fixés dès la fondation, mais qui, semble-t-il, ne fut pas entièrement réalisée : des zones intra muros paraissent ne pas avoir été bâties. Ce plan de type hippodamien est depuis longtemps considéré comme caractéristique des fondations grecques dans l’Orient hellénistique.

L’étude du site de Zeugma nous apprend que les colons grecs pouvaient également s’adapter à une configuration de terrain beaucoup plus mouvementée. Le site de Séleucie (nom hellénistique)-Zeugma, en effet, est situé sur une série de collines séparées par des vallons perpendiculaires au fleuve. La ville d’époque hellénistique a été très difficile à étudier : elle était enfouie sous 10 mètres de colluvions et de couches archéologiques. Pourtant, les quelques sondages qui nous ont permis de l’atteindre, nous montrent que nous avons, dès cette époque, une organisation complètement différente de celle que l’on a pu déterminer à Apamée. Un système de terrasses paraît avoir été installé vers l’extrémité ouest du site, au pied d’une colline à la situation stratégique, dominant à la fois le vallon par lequel la grande route venant de l’Ouest et de la Méditerranée débouchait sur le fleuve, et la vallée de l’Euphrate. Il se pourrait donc que peu de temps après sa fondation, Séleucie ne fût guère plus qu’une petite agglomération de soldats regroupée autour de son fortin controlant le passage de l’Euphrate.
Les sondages conduits sur toute la partie inférieure du site, qui devait être rapidement immergée, ont, d’autre part, permis de suivre son extension. Il semble que la ville se soit développée assez rapidement en s’étendant vers l’Est, jusqu’à couvrir une superficie de près de 140 ha, soit plus du double de celle de Pompéi. Les nécropoles constituent d’excellents indicateurs de l’étendue d’un site urbain puisqu’elles se situent toujours en périphérie. C’est ainsi qu’elles nous sont d’un précieux secours à Séleucie-Zeugma. Elles marquent, dans leur plus grande extension, quelle fut la superficie de la ville à son apogée. Pourtant, des tombes du début de l’empire romain ont été retrouvées, en plein coeur de la ville, réutilisée dans des maisons. Elles attestent que, au Ier s. ap. J.-C., l’extension de la ville était moindre.

L’urbanisme de Zeugma, contrairement à celui d’Apamée, est donc évolutif : l’orientation des maisons et le tracé des rues ont changé entre l’époque hellénistique et l’époque romaine ; la superficie de l’établissement ne fut pas fixée une fois pour toutes lors de sa création mais évolua au fil des siècles.
Les fouilles de Séleucie-Zeugma ont également beaucoup apporté pour la connaissance du cadre de vie, à l’époque romaine, dans les confins orientaux de l’Empire. Nous avons mis au jour des structures très variées : les zones publiques, pour l’instant peu nombreuses à avoir été fouillées, semblent se concentrer dans la partie occidentale du site. Une place pavée a été mise au jour ; elle était bordée de bâtiments publics, parmi lesquels des Archives, découvertes par nos collègues turcs, dans lesquelles plus de 80 000 sceaux ont été mis au jour. Un peu plus à l’Est, une place comportant une fontaine ainsi qu’un escalier monumental conduisant probablement à un sanctuaire put être fouillée quelques jours avant la mise en eau du site.
Surtout, ces fouilles ont révélé toute la richesse de l’architecture domestique. La partie orientale du site semble avoir été l’emplacement d’un quartier résidentiel. Plusieurs terrasses étaient ainsi occupées par de riches maisons mitoyennes qui paraissent, pour la plupart, dater des IIe et IIIe s. ap. J.-C., en tout cas pour leur dernier état. Elles nous permettent d’admirer un cadre de vie choisi et digne des plus grands sites occidentaux. Ces maisons, pour la plupart d’entre elles, ont une superficie moyenne qui s’explique certainement par la très forte densité de l’habitat : aux IIe et IIIe s., en plusieurs endroits du site, on voit des maisons empiéter sur le domaine public, place ou nécropole ancienne.

Les plus riches de ces maisons se caractérisent, tout d’abord, par l’existence d’un ou même de deux espaces ouverts, cours ou jardins. Lorsque leur premier état remonte au Haut-Empire, ces espaces ouverts prennent souvent une dimension monumentale grâce à la colonnade qui, selon la mode grecque, les entoure et dont la mode subsiste bien au-delà de l’époque hellénistique. Pourtant, le site de Zeugma nous permet de suivre très précisément le processus de romanisation du cadre de vie qui ne semble véritablement commencer que près de deux siècles après l’intégration de la ville dans l’Empire romain. Tout d’abord, c’est probablement à des modifications dans les modes de vie, qui se rapprochent de ce que l’on connaît en Occident, que l’on peut attribuer le développement tout à fait considérable de l’approvisionnement en eau de la ville. Ainsi, nous avons pu établir que pendant toute l’époque hellénistique et le début de l’époque romaine, les citernes, présentes dans la plupart des maisons, fournissaient la part la plus importante de l’eau. Seules, à cette époque, sont mises en place, très progressivement, des conduites d’évacuation des eaux sales, ainsi que de gros égouts collecteurs qui ont, avant tout, comme fonction, de draîner les eaux de ruissellement sur un site particulièrement vulnérable de ce point de vue. Cela dit, on s’aperçoit qu’à partir de la fin du IIe s., les habitudes de vie se modifient : l’approvisionnement en eau de la ville devient beaucoup plus abondant grâce à de nombreuses adductions qui parcourent le site et devaient être connectées à des aqueducs dont, pour l’instant, nous n’avons pas encore trouvé de trace aux abords de la ville. Ces facilités nouvelles vont de pair avec la construction de latrines qui font alors leur apparition dans les maisons les plus riches, et de vastes bassins qui investissent une partie des espaces domestiques ouverts et sont parfois alimentés par de monumentales fontaines peintes. Le développement du décor des maisons est également très sensible : les plus riches d’entre elles, à partir de la fin du IIe s., voient leurs différentes pièces être hiérarchisées par la présence d’un décor plus ou moins riche et original. La pièce de réception par excellence est la salle à manger ou triclinium (du nom des trois lits, ou klinai, disposés traditionnellement dans cette pièce et sur lesquels on festoyait allongé) qui est, dans toutes les riches maisons, ornée d’un sol mosaïqué au thème très original, voire unique. L’ensemble est complété par des enduits muraux peints et des décors en stuc. La chambre à coucher (ou cubiculum) du maître de maison est une autre pièce privilégiée par sa décoration. Ainsi, la fouille de ces maisons a livré un corpus impressionnant de mosaïques qui, tout en se rapprochant des oeuvres issues des ateliers d’Antioche, renouvellent cependant complètement la question.

On peut également souligner qu’au-delà de la richesse de cette architecture domestique, l’étude du petit matériel trouvé dans les fouilles vient confirmer cette prospérité. Les objets de bronze sont nombreux et on peut noter, en particulier, la présence de lampes et de candélabres en bronze et en fer ainsi que divers petits objets qui illustrent l’existence, dans ces maisons, de meubles et d’objets somptueux, comme un coffret dont les charnières se prolongeaient par des appliques très finement travaillées et plaquées d’or. De même, l’étude de la céramique, et en particulier des amphores, montre que les importations lointaines ne sont pas rares : on n’hésite pas à acheter du vin de mer Egée ou d’Italie ou encore des salaisons de Bétique (Espagne).

Les fouilles de Zeugma ont donc permis de mettre en lumière la richesse et aussi l’originalité de la civilisation romaine dans cette partie orientale de l’Empire pour laquelle, jusqu’à présent, les données matérielles manquaient cruellement. Elles montrent combien cette région frontalière peut briller, à l’égal de l’Occident, par le raffinement de son cadre de vie, l’adresse et la créativité de ses artistes.

Pour aller plus loin : Les résultats préliminaires ont été publiés chaque année dans favicon persee Anatolia Antiqua. Les numéros XVII et XXVI de Varia Anatolica sont consacrés aux peintures murales de Zeugma.

Fouilles de Horum Höyük (1996-1999)

carte horumCatherine Marro, Aksel Tibet (IFEA), Rifat Ergeç (Univ. Gaziantep), Fatma Bulgan (Musée Gaziantep)

Les opérations de fouille ont été complétées par une étude géomorphologique micro-régionale sous la direction de C. Kuzucuoglu (CNRS, UMR 8591). Le site de Horum Höyük ayant été englouti en mai 2000 sous les eaux de l'Euphrate, les opérations de fouilles sont désormais terminées. L’étude du matériel exhumé est également achevée : les résultats de ces travaux seront publiésdans la collection Varia Anatolica.

Les travaux effectués à Horum Höyük ont permis de documenter une très longue période d’occupation s’étendant du Chalcolithique Récent (ca. 3800 av. J.-C.) à la période médiévale (12 ème-13 ème siècles). L’âge du Bronze y est particulièrement bien représenté : une séquence archéologique d’environ 1500 ans, correspondant au Bronze Ancien et au Bronze Moyen, a été dégagée, sans qu’une réelle période d’abandon soit attestée (ca. 3200-1600 av. J.-C.). Une telle permanence dans l’occupation du site semble s’inscrire en faux contre les théories, récemment popularisées, postulant l’existence d’un effondrement politique généralisé en Haute-Mésopotamie, qui aurait eu lieu à la fin du 3 ème millénaire av. n.è. suite à une crise climatique majeure.

 

 Projets de recherche et thèses

Atelier "Ben U Sen, quartier illégal consolidé. Potentiels d'évolution d'un quartier autoconstruit"
organisé par l'association Les Ateliers Internationaux de Maitrise d'oeuvre urbaine de Cergy-Pontoise du 9 au 22 octobre 2011 à Diyarbakır

Deniz BEYAZIT, "Le décor architectural Artuqide en pierre de Mardin placé dans son contexte régional : contribution à l’histoire du décor géométrique et végétal du Proche-Orient des XIIe – XVe siècles" Thèse d'histoire de l'art effectuée à l'Université Paris I Panthéon - Sorbonne sous la direction d'Alastair Northedge. Soutenue le 23 novembre 2009

Thomas LORAIN, "L'architecture militaire de Diyarbakır entre les Xe et XIIIe siècles : entre nécessité défensive et ostentation" Thèse d'histoire effectuée à l'EPHE sous la direction de Jean-Michel Mouton, soutenue le 15 novembre 2011

Benoît MONTABONE, "La cohésion territoriale en périphérie de l’Union européenne : les enjeux du développement régional en Turquie" Thèse en géographie/aménagement sous la direction de Guy Baudelle. Soutenue le 29 novembre 2011

Pierre RAFFARD, "Migrations intérieures et citadinités à Istanbul : le rôle des pratiques alimentaires dans la territorialisation des communautés migrantes", Thèse de géographie effectuée à l'Université Paris IV Panthéon-Sorbonne sous la direction de Gilles Fumey

 Sites de référence

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 Éléments de bibliographie

La ville de Mardin dans Paranın Cinleri de Murathan Mungan Travail bibliographique effectué à l’IFEA, mars-avril 2013 par Sylvain Cavaillès
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Arhan F. (2001), Diyarbakırspor’un 33 yılı. Geri Pas, İstanbul, Sî.

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Beysanoğlu Ş.(1998), Anıtları ve Kitâbeleri ile Diyarbakır Tarihi. Başlangıçtan Akkoyunlar’a kadar, Diyarbakır, Diyarbakır Büyükşehir Belediyesi Kültür ve Sanat Yayınları.

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