Les voies de la citoyenneté

7-10 octobre 2018 SALT Galata

Excursions urbaines

La transformation urbaine de Gaziosmanpaşa : historique, acteurs et projets

8th IFEA Archaeology Meetings

Anatolian Landscapes Inhabiting Asia Minor in Antiquity

En bref

L'IFEA est un Institut de recherche français en Turquie. Dépendant du MEAE et du CNRS, il a pour vocation de faciliter, de fédérer et d'impulser des recherches en sciences humaines et sociales. C'est une structure de services et d'accueil des chercheurs. L'institut propose une programmation scientifique ouverte au public. 

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Le Xe siècle correspond à l’apogée politique du monde féodal d’Anatolie. Les deux empires, byzantin et abbasside étaient en guerre depuis près de deux siècles, mais la guerre n’avait pas exclu des échanges diplomatiques et commerciaux. Entre Byzance et Bagdad, des états tampons s’étaient constitués, émirats détachés du califat, les royaumes géorgiens et arméniens.

Trois monuments témoignent encore de la richesse des princes chrétiens d’Anatolie orientale au Xe siècle : les églises d’Ağtamar, d’Işhan, et la grande église de Tokalı à Göreme.

Ces monuments, œuvres de civilisations régionales, ont en commun le goût du luxe qui servait au prestige des commanditaires. On faisait appel aux meilleurs artistes et l’on utilisait les matériaux les plus précieux : l’or à la feuille et le lapis-lazuli, pierre semi-précieuse connue et recherchée depuis l’Antiquité, qui arrivait à grand prix des montagnes d’Afghanistan,

L’église d’Ağtamar est tout ce qui reste du complexe palatin construit entre 915 et 924 par le roi Gagik du Vaspurakan sur un îlot du lac de Van. Vassal à la fois de l’empereur et du Calife, il avait été couronné roi par l’émir d’Azerbeidjan. Son palais était à l’image des châteaux arabes ommeyades et abbassides. L’église fur l’objet de tous ses soins. Les murs étaient couverts de sculptures dans la tradition de l’art pariétal iranien. À l’imagerie profane des scènes champêtres, on avait ajouté des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Le roi figurait, offrant au Christ une maquette de l’église. Sur fonds de lapis-lazuli, les peintures illustraient la faute d’Adam et Ève et la vie du Christ. Comme les sculptures, les peintures sont de style abbasside.

L’église d’Işhan était la cathédrale principale du royaume géorgien de Taoclardjétie, établie en altitude dans une oasis des montagnes du Tortum. Fondée au milieu du VIe siècle, elle fut plusieurs fois reconstruite et embellie par les souverains du Tao, en particulier par David III qui régna de 961 à 1001. C’est à lui qu’on attribue l’élévation de la coupole d’Işhan. Sur le fond de lapis-lazuli, quatre grands archanges élèvent la croix dans un ciel étoilé.

À Göreme, la Nouvelle Église de Tokalı est la fondation des Phocas, la plus puissante famille de la Cappadoce, dont la fortune foncière était accrue par leurs charges à la tête de l’armée et le butin de leurs victoires. Les peintures sont attribuées à Constantin et à son frère Nicéphore avant que celui-ci ne devienne empereur en 963. Le décor est caractérisé par l’originalité et l’ampleur des compositions consacrées à la vie du Christ, et par la qualité des peintures inspirées de l’art hellénistique. Le lapis-lazuli, qui couvre une surface de 300m2, et les nimbes d’or du Christ et de la Vierge, donnent idée de la fortune dépensée. Ce décor est un chef d’œuvre incomparable du grand art byzantin du Xe siècle.